Microsoft a officiellement arrêté le support de Windows 10 en octobre 2025. Résultat : plus aucune mise à jour de sécurité gratuite, plus de correctifs, plus de patch Tuesday pour les 700 millions de machines encore équipées. Votre PC portable acheté en 2018, le desktop de votre parents, ou la tour de salon familial qui tient depuis dix ans se retrouvent tous dans la même situation. Faut-il acheter un nouveau PC ? Passer à Windows 11 quand la machine ne respecte pas les prérequis ? Basculer sur Linux ? Cet article détaille les cinq options concrètes qui existent en 2026, avec les avantages et inconvénients de chacune.
Sommaire
Pourquoi la fin de Windows 10 pose un vrai problème
Sans mise à jour de sécurité, chaque nouvelle faille découverte dans le système laisse une porte ouverte pour les pirates. Les botnets, ransomwares et chevaux de Troie se développent rapidement dès qu’une faille zéro-day reste non corrigée. Même avec un antivirus, un système d’exploitation non patché représente un risque réel, surtout si vous utilisez le PC pour banking ou e-commerce.
Les applications majeures (Chrome, Firefox, Office, Steam) continuent de fonctionner sur Windows 10 pendant quelques années, mais leur sécurité interne se dégrade aussi avec le temps. Google a déjà annoncé que Chrome cesserait de recevoir des mises à jour sur Windows 10 fin 2027. Opera et Brave suivront probablement la même politique. À moyen terme, votre expérience se dégradera inévitablement.
Option 1 : acheter les mises à jour étendues ESU
Microsoft propose aux particuliers un programme Extended Security Updates (ESU) pour 30 dollars par an et par PC. Cette solution prolonge le support pendant un an, jusqu’en octobre 2026 maximum. Les entreprises ont accès à un ESU étendu sur trois ans, payé par abonnement volumétrique. Pour un particulier, 30 dollars permettent de différer la décision sans risquer ses données.
Cette option reste la plus simple à mettre en place, mais elle ne règle pas le fond du problème. À terme, la dépense annuelle va grimper (60 dollars la deuxième année, 120 la troisième) et Microsoft finira par couper totalement le robinet. Elle convient surtout pour gagner du temps avant un remplacement matériel planifié.
Option 2 : passer à Windows 11 même si la machine n’est pas compatible
Windows 11 exige officiellement un processeur Intel 8e génération ou plus récent, un TPM 2.0, et Secure Boot activé. Beaucoup de PC de 2017-2019 ne cochent pas ces cases. Pourtant, Microsoft a documenté une procédure officielle pour contourner ces vérifications via une modification du registre, suivi par une ISO en clé USB et un patch Rufus.
L’installation fonctionne dans la plupart des cas, mais Microsoft signale que les mises à jour peuvent ne pas être livrées sur ces machines non officielles. C’est acceptable pour un usage secondaire, pas pour un PC principal. Sachez qu’il existe des outils comme Rufus 4.6 qui automatisent toute la procédure, ainsi que des tutoriels clairs sur le site officiel Microsoft Learn. Cette voie prend 45 minutes et demande un peu de patience.
Option 3 : basculer sur Linux, solution radicale mais viable
Pour les utilisateurs à l’aise ou curieux, Linux reste la meilleure option long terme. Ubuntu LTS, Linux Mint, Zorin OS ou Fedora tournent sans problème sur la plupart des PC de 2015 ou plus récents. Ils offrent une interface proche de Windows, des mises à jour gratuites à vie, et une sécurité beaucoup plus solide.
Firefox, Chrome, LibreOffice (équivalent Office), Thunderbird et la plupart des applications courantes tournent nativement. Les jeux Steam tournent via Proton avec un taux de compatibilité de 85 % selon ProtonDB. Pour l’utilisateur lambda qui fait navigation web, bureautique, streaming et vidéoconférence, Linux couvre 100 % des besoins. Seuls les logiciels Adobe (Photoshop, Premiere) et certains jeux avec DRM restrictif (Valorant, Fortnite) posent problème.
Option 4 : installer ChromeOS Flex
Google propose ChromeOS Flex, une version de ChromeOS gratuite à installer sur n’importe quel vieux PC. L’installation prend 15 minutes via une clé USB. Le système démarre en 10 secondes, reste léger, et offre un navigateur Chrome complet avec les applications web habituelles (Gmail, Google Docs, YouTube, Netflix).
C’est la solution la plus simple pour un PC secondaire ou un ordinateur donné à un parent âgé. Limites : impossible d’installer des applications Windows classiques, pas de jeux natifs, quelques périphériques récents peuvent ne pas être reconnus. ChromeOS Flex est maintenu gratuitement par Google jusqu’en 2028 au minimum, ce qui dépasse la durée d’ESU Windows 10.
Option 5 : donner ou recycler votre PC
Si les options précédentes ne vous plaisent pas ou si votre PC a plus de 10 ans et rame déjà sous Windows 10, mieux vaut le recycler proprement. Les recycleries comme Emmaüs Connect ou les associations Envie récupèrent les vieux ordinateurs, effacent les disques, et les reconditionnent pour les redistribuer à des publics en précarité numérique. En France, plus de 250 points de collecte acceptent les PC usagés.
Effacez d’abord le disque avec un outil comme DBAN ou Eraser pour éviter toute fuite de données. Retirez les disques durs magnétiques si vous ne faites pas confiance à l’effacement logiciel. Les recycleries refusent souvent les écrans cassés, mais acceptent presque tout le reste. Un PC donné peut servir cinq ans de plus à une famille qui n’avait pas les moyens d’en acheter un, un vrai geste utile.
Critères pour choisir votre option
Pour un PC de plus de 10 ans avec moins de 4 Go de RAM : donnez ou recyclez, il n’est pas raisonnable d’investir dedans. Pour un PC entre 5 et 8 ans avec 8 Go de RAM minimum : Linux Mint ou Windows 11 non officiel, les deux sont viables. Pour un PC de 3 à 5 ans déjà compatible Windows 11 : installez Windows 11 officiel, la machine a encore cinq à sept ans d’usage devant elle.
Pour un PC utilisé seulement pour web et bureautique : ChromeOS Flex est imbattable en simplicité. Pour un gamer : Windows 11 reste le meilleur choix malgré les contraintes, Linux progresse mais la compatibilité de certains jeux manque encore. Prenez quinze minutes pour cartographier vos usages avant de choisir, cela évite un mauvais investissement.
Les erreurs à ne pas faire
Premier piège : continuer à utiliser Windows 10 pour banking ou mails sensibles sans ESU. Le risque est réel, même sans notification alarmante. Second piège : acheter un PC neuf sans avoir cherché les alternatives sur votre machine actuelle. Beaucoup de PC vieillissent mieux que prévu avec un changement d’OS. Troisième piège : installer un Windows 11 modifié depuis une source douteuse. Restez sur l’ISO Microsoft officiel et utilisez Rufus comme outil de contournement.
Quatrième piège : oublier de sauvegarder vos données avant toute opération. Utilisez un disque externe USB ou un cloud comme OneDrive 1 To (7 euros par mois). La première étape de toute migration doit être un backup complet.
Ce qu’il faut retenir
La fin de Windows 10 ne signifie pas la fin de votre vieux PC. Cinq options existent : acheter l’ESU à 30 dollars par an, installer Windows 11 non officiel, basculer sur Linux, installer ChromeOS Flex, ou recycler l’ordinateur. Le choix dépend de l’âge de la machine, de vos usages, et de votre aisance technique. Dans la majorité des cas, Linux Mint ou ChromeOS Flex offrent une seconde jeunesse gratuite à un PC de 5 à 8 ans. Sauvegardez vos données avant toute opération et évitez surtout de continuer à utiliser Windows 10 sans ESU pour des usages sensibles comme le banking. Votre vieux PC peut encore servir plusieurs années avec la bonne stratégie.

