Personne ne s’y attendait. Mercredi 22 avril 2026, depuis Majorque, Camila Giorgi a lâché une petite bombe pendant un Q&A Instagram avec ses abonnés : la tenniswoman italienne, retirée des courts depuis mai 2024, reviendra sur le circuit WTA en 2027, après la naissance d’un petit garçon attendu en septembre. Un retour programmé presque trois ans après son dernier match officiel, qui rebat discrètement les cartes du circuit féminin à un moment où l’Italie ne compte plus beaucoup de joueuses Top 30. On fait le point sur ce qu’elle a annoncé, son parcours, et ce que ce retour inattendu peut vraiment peser.
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L’annonce surprise du 22 avril depuis Majorque
L’information a d’abord été relayée par L’Équipe puis par plusieurs médias spécialisés européens. Dans une session de questions-réponses avec ses fans sur Instagram, mercredi 22 avril 2026, l’Italienne a confirmé deux choses que personne n’avait vues venir en même temps : sa grossesse annoncée en février dernier se solde par un petit garçon attendu en septembre, et elle compte revenir sur le circuit WTA en 2027. « Le tennis, partout et toujours ici », a-t-elle écrit à l’un de ses abonnés qui lui demandait si la retraite était définitive.
Le choix des mots compte. Camila Giorgi n’annonce pas un essai, ni un « je verrai après la naissance », mais bien un retour planifié. Elle s’entraîne déjà régulièrement à Majorque, où elle s’est installée avec son compagnon, et affirme préparer sa rentrée dès maintenant. L’échéance 2027 lui laisse une grosse année pour remonter la pente physique post-accouchement, reprendre un rythme d’entraînement complet, et surtout trouver des invitations (wild cards) pour retrouver un classement.
Une retraite silencieuse en mai 2024
Pour beaucoup de fans de tennis français, le nom ressurgit aujourd’hui alors qu’il avait presque disparu. Camila Giorgi avait en effet quitté le circuit en mai 2024 sans conférence de presse, sans post d’adieu, sans tournée d’hommage. Une retraite de fait, presque par éclipse : elle a simplement cessé d’apparaître sur les tableaux, et son classement WTA a fini par s’effacer, comme le veut le règlement pour une joueuse qui ne dispute plus aucun tournoi.
Cette sortie discrète avait laissé le milieu perplexe. Giorgi était encore une figure connue du grand public, repérée pour son jeu très agressif, son coup droit sec et sa silhouette de mannequin. Elle avait disputé quelques tournois WTA 250 au printemps 2024, puis plus rien. L’absence d’annonce officielle avait même laissé penser qu’elle pouvait revenir à tout moment ; on apprend aujourd’hui que ce retour existera, mais pas avant 2027.
Le palmarès : quatre titres WTA, Montréal 2021 en point d’orgue
Pour situer son niveau, il faut rappeler ce que Camila Giorgi a gagné pendant sa carrière. Son meilleur classement mondial reste le 26ᵉ rang, atteint le 22 octobre 2018. Elle a remporté quatre titres WTA en simple : le Rosmalen Open aux Pays-Bas (son premier, en 2015), le Linz Open, Merida en février 2023, et surtout le National Bank Open de Montréal en 2021, le plus gros trophée de sa carrière. Cette année-là, elle avait battu Karolína Plíšková en finale, dans un tournoi où elle avait aligné trois victoires contre des joueuses du Top 20.
Le Montréal 2021 reste sa référence : un Masters 1000 féminin (WTA 1000) gagné sur dur, en pleine forme, dans un tableau relevé. Elle a aussi signé plusieurs quarts de finale en Grand Chelem, notamment à Wimbledon 2018, où son jeu plat et rapide s’exprime le mieux. Son bilan reste celui d’une joueuse très inégale : capable d’éliminer n’importe qui sur une bonne journée, mais rarement stable sur deux semaines complètes.
Maman en septembre, retour à Majorque en préparation
L’ex-tenniswoman a fait de Majorque sa base, où elle annonce s’entraîner déjà régulièrement. La logique sportive est connue : maintenir un peu de préparation physique adaptée jusqu’à la naissance, puis remonter progressivement après, avec un vrai programme complet (renforcement, vitesse, cardio) pendant l’année 2027. Les joueuses de tennis qui sont revenues après une maternité, on en parle plus bas, donnent toutes le même ordre de grandeur : environ douze à dix-huit mois entre l’accouchement et un premier match officiel au niveau WTA.
Pour Camila Giorgi, le planning le plus crédible serait donc un retour sur des tournois mineurs (ITF, WTA 125, voire WTA 250 avec wild cards) dans la deuxième moitié de 2027, avec l’objectif de rattraper un classement exploitable. Sans points, une joueuse doit en effet passer par les qualifications ou obtenir des invitations directes — c’est ce qui attend chaque mère-championne qui revient, sans exception.
Des précédents qui rassurent : Azarenka, Kerber, Pliskova
Le parcours qu’elle veut suivre n’a rien d’inédit sur le circuit féminin. Victoria Azarenka a repris après la naissance de son fils en 2016 et est retournée en finale de l’US Open en 2020. Angélique Kerber, revenue après sa maternité en 2023, a disputé les Jeux Olympiques de Paris 2024 avant d’arrêter définitivement. Karolína Plíšková, Kim Clijsters avant elles, et plus récemment Naomi Osaka (revenue sur le circuit en 2024 après la naissance de sa fille Shai en 2023) ont toutes montré qu’un retour gagnant est possible.
L’élément qui fait la différence, dans presque tous les cas cités, c’est la capacité à retrouver un classement suffisant pour entrer dans les gros tableaux sans invitation. Azarenka a su, Clijsters l’a même fait en gagnant l’US Open 2009 un an après son accouchement. D’autres, plus nombreuses, plafonnent autour du Top 100 sans jamais retrouver leur meilleur niveau. Camila Giorgi, à 35 ans lors de son retour annoncé en 2027, partira avec un challenge supplémentaire : l’âge, qui rend la récupération et la tenue sur deux semaines plus difficiles.
Ce que ce retour change pour la WTA 2027
Côté circuit, son come-back reste une bonne nouvelle. La WTA cherche depuis deux saisons à restaurer le star-power perdu avec les retraites successives de Serena Williams, Ashleigh Barty et plus récemment Angélique Kerber. Une joueuse comme Giorgi, avec sa notoriété grand public, rapporte immédiatement du public, des audiences TV et des contrats sponsors, même si elle ne vise pas le Top 10 de retour. Les tournois WTA 250 et 500 se battront probablement pour lui proposer des wild cards en 2027.
Pour la sélection italienne, qui a fait le plein cette saison avec Jasmine Paolini (9ᵉ mondiale à son meilleur) et Lucia Bronzetti, le retour de Giorgi ajoute une option en double et une figure tutélaire sur les tournois WTA européens. Elle ne sera pas titulaire pour la Billie Jean King Cup d’emblée, mais sa simple présence en tournoi peut revigorer une génération qui l’a beaucoup regardée jouer petite. À suivre, donc, sur le tableau femmes de Roland-Garros 2026 qui se joue dans quelques semaines à Paris : elle n’y sera évidemment pas, mais la saison sur ocre donnera une première idée du vide qu’elle laisse encore.
L’élément à surveiller d’ici 2027
Il reste une inconnue : la date exacte de son premier tournoi. Giorgi n’a pas précisé si elle viserait la tournée australienne de janvier 2027, plus cohérente avec un accouchement en septembre 2026, ou si elle attendrait le printemps. Sa base à Majorque et son entourage — il se dit qu’elle s’est mariée début 2026 avec l’ancien joueur Andreas Ignacio Pasutti, qui pourrait faire office de coach — laissent penser à un retour en douceur par des tournois européens, plutôt qu’une rentrée brutale en Australie. La Fed Cup italienne pourrait aussi lui tendre les bras si Jasmine Paolini est indisponible.
Ce qu’il faut retenir
Camila Giorgi revient. Pas tout de suite, pas à son meilleur niveau probablement, mais avec un calendrier clair : un petit garçon en septembre 2026, et un retour sur le circuit WTA en 2027. À 35 ans, après presque trois ans loin de la compétition, elle va devoir reconstruire un classement et surtout retrouver les sensations de son jeu très agressif. Son palmarès (quatre titres WTA dont le Canadian Open 2021, une 26ᵉ place mondiale en 2018) lui donnera la crédibilité et les wild cards. La suite dépendra d’elle, de sa forme et de son envie de vivre une seconde carrière sur le tard — comme les profils de revenantes sur terre battue qui défraient la chronique cette saison. En 2027, elle fera partie des noms à suivre.

